Cours 0 : présentation, voccabulaire et conventions d'écriture

Présentation

Ce cours n'est pas destiné aux élèves des conservatoires, qui désirent apprendre l'analyse et la composition musicale pour un usage professionnel.

C'est plutôt une initiation pour les autodidactes, qui aimeraient approfondir leurs connaissances, pour pouvoir improviser ou composer des morceaux en s'aidant de considérations de base sur l'écriture musicale, sur l'étude des accords au repos ou en mouvement, sur les différents styles, rythmes...

Pour des cours plus complets, vous pouvez consulter :

Lien externe : Liens utiles pour l'harmonie, le piano...

Lien externe : Pierre Penisson, théorie, arrangements...

Lien externe : wikipédia, harmonie tonale

On consultera les cours dans un navigateur comme Internet Explorer ou firefox.

(on évitera d'utiliser edge dans windows 10, qui peut conduire à des conflits pour la lecture des sources sonores)

Les cours se présentent tous de la même manière, pour faciliter le travail de l'élève.

Des titres séparent les commentaires et les exercices qui s'y rapportent.

Ces exercices sont des liens avec des fichiers mp3, qui contiennent les réalisations des exercices, jouées au piano par le professeur.

L'activation d'un tel lien, ouvrira le lecteur associé aux fichiers .mp3 dans le navigateur.

On refermera ce lien par le raccourci ALT+F4, pour retourner dans la suite du cours.

On peut trouver à la fin de chaque cours, des exercices complémentaires, qui correspondent à des liens qui ouvre la page du logiciel gamme.php avec une tablature composée automatiquement avec des échantillons sonores.

Dans les navigateurs qui supportent la balise audio (comme Internet Explorer, par exemple) on entend le fichier mp3 de l'exercice à l'ouverture du lien et on peut le ré-écouter par le raccourci F5.

Sinon, un lien au bas de la page gamme.php ouvre le mp3 de l'exercice dans le lecteur multimédia.

Ces compléments permettent à l'élève de modifier, s'il le désire, la manière d'exécuter l'exercice, en choisissant des motifs de rythme, de nuance...

Il reviendra ensuite dans le cours par le raccourci ALT+flèche gauche.

Toutes les pages de cours se terminent par un lien de retour dans la table des matières, suivi d'un lien de retour dans la page index du site studyvox.free.fr

Le voccabulaire et les conventions d'écriture

L'écriture musicale permet de construire des partitions qui peuvent contenir des notes avec leurs durées, des nuances, des doigtés...

On a choisi de n'utiliser que des caractères du clavier (à l'exclusion d'images) pour décrire les tablatures qui remplaceront l'écriture traditionnelle de la musique sous la forme de portées.

Ces choix ont l'avantage de faciliter le traitement informatique de la musique et ne nécessitent pas de reconnaissance visuelle comme celles de l'apprentissage du solfège.

Voccabulaire de base et symboles associés

Le voccabulaire de base concerne les notes et la manière de les jouer (gammes, modes, degré, durée, nuance...)

Pour chaque notion, je donne sa définition et la manière de la représenter.

Les touches du piano

On trouve des touches blanches et des touches noires, ce qui facilite la reconnaissance des groupes de notes.

Si on désigne par b une touche blanche et par n une touche noire, on peut écrire la suite des notes du clavier sous la forme :

b n b n b b n b n b n b ...

La figure formée par un assemblage de touches blanches ou noires facilite la reconnaissance d'ensembles de notes, comme des gammes, des accords...

Par exemple, la figure n n n n n correspond aux cinq notes d'un mode pentatonique que nous décrirons plus loin.

Notes (du clavecin bien tempéré)

La musique est l'art d'arranger des sons, caractérisés par leurs fréquences.

On accorde les instrument sur la fréquence 435, par exemple.

L'ensemble des sons situés entre une fréquence et la fréquence double est appelé une octave.

Les rapports de fréquence comme 3/2 4/3...jouent un rôle important dans le phénomène de résonance.

Pour simplifier l'accord des instruments, on a choisi de diviser une octave en 12 sons dont les rapports de fréquence entre notes successives sont les mêmes.

L'écart entre deux notes successives est appelé un demi-ton.

L'ensemble de ces 12 notes est appelé une gamme chromatique, qui correspond à 12 touches consécutives du piano.

Remarque : ce choix est adopté dans la musique occidentale, mais peut être différent (pour la musique orientale, par exemple)

Symboles utilisés pour représenter les notes

Le plus naturel est d'utiliser les nombres allant de 1 jusqu'à 12, pour désigner les notes d'une gamme chromatique.

Pour une note de l'octave suivante, on lui ajoutera 12, et ainsi de suite.

Cette notation chiffrée est pratique pour la transposition, puisqu'il suffit d'ajouter le nombre de demi-tons de la transposition au nombre de la note, pour obtenir la note transposée.

Par contre, elle n'est pas aisée pour se souvenir facilement du nom des notes.

On lui associera une notation avec des caractères.

On convient d'affecter le chiffre 1 à une note du piano qui correspond à la touche blanche située juste devant l'unique groupe de 2 touches noires d'une octave.

On écrira indifféremment 1 ou do ou c et nous appelerons cette note la note do.

Les notes successives des touches blanches seront désignées par :

1 3 5 6 8 10 12 ...(notation chiffrée)

c d e f g a b (notation anglo-saxonne)

do ré mi fa sol la si (notation française)

La notation anglo-saxonne est mieux adaptée pour la saisie d'une tablature que la notation française, car elle ne fait intervenir qu'un caractère par note.

On est obligé d'ajouter un symbole supplémentaire pour caractériser des notes situées sur des octaves différentes.

On utilise le chiffre 0 ou le caractère p pour désigner un silence.

Gamme

Une gamme est un ensemble ordonné de notes.

Elle est caractèrisée par les écarts (en demi-tons) qui séparent ses notes.

La première note est le premier degré, la deuxième le degré 2...

La figure formée par un ensemble de touches blanches et noires peut aider à la reconnaissance d'un ensemble de notes, comme une portion de gamme, un accord...

Par exemple, une gamme chromatique qui commence sur la note 1 s'écrit :

b n b n b b n b n b n b

La note située sur le premier degré d'une gamme se nomme la tonique.

Ecriture des notes d'une gamme

A titre d'exemple, écrivons les notes de la gamme majeure qui commence sur la tonique 1 :

1 3 5 6 8 10 12 (notation chiffrée)

c d e f g a b (notation anglo-saxonne)

do ré mi fa sol la si (notation française)

La notation chiffrée montre directement le nombre de demi-tons entre les notes consécutives d'une gamme majeure, soit :

1 ton 1 ton 1 demiton un ton un ton unton un demi-ton

Tétracorde

Un tétracorde est un ensemble de quatre notes.

Dans une gamme majeure, on trouve deux tétracordes identiques séparés par un ton.

Pour la gamme 1 3 5 6 8 10 12 13 ils s'écrivent :

(1 3 5 6) (8 10 12 13)

Un tétracorde est caractérisé par les ecarts entre ses notes successives.

Pour la gamme majeure, les écarts sont un ton un ton un demi-ton

La décomposition d'une gamme en deux tétracordes peut aider à la construire ou à la reconnaître.

Construction des gammes majeures, ordre des dièses
La gamme de Do majeur s'écrit, en faisant apparaître ses deux tétracordes entre parenthèses :

(1 3 5 6) (8 10 12 13) notation chiffrée

(c d e f) (g a b c) notation anglo-saxonne

(do ré mi fa) (sol la si do) notation française

(un ton un ton un demi-ton) un ton (un ton un ton un demi-ton) écarts entre les notes

Le second tétracorde (8 10 12 13) peut servir de premier tétracorde pour la gamme majeure (8 10 12 13) (15 17 19 20)

La figure en touches blanches et noires de cette nouvelle gamme majeure s'écrit :

(b b b b) (b b n b)

Il s'introduit la touche noire de la note 19 (qui est étrangère à la gamme de Do majeur qui ne contient que des touches blanches)

Cette note 19 est haussée d'un demi-ton par rapport à la note 18.

On dira que la note 18 est diésée et on ajoutera le symbole # à sa notation anglo-saxonne.

La gamme de Sol majeure s'écrit alors :

(g a b c) (d e f# g)

(sol la si do) (ré mi fa dièse sol)

On peut poursuivre en construisant la gamme de Ré majeure à partir de la gamme de Sol majeur et ainsi de suite :

(d e f# g) (a b c# e) gamme de Ré majeure

(a b c# d) (e f# g# a) gamme de La majeure

(e f# g# a) (b c# d# e) gamme de Mi majeure

(b c# d# e) (f# g# a# b) gamme de Si majeure

(f# g# a# b) (c# d# e# f#) gamme de Fa dièse majeure

(c# d# e# f#) (g# a# b# c#) gamme de Do dièse majeure

On remarque que toutes les 7 notes de la gamme de Do dièse majeure sont diésées.

Les dièses se sont introduits dans l'ordre f# c# g# d# a# e# b# (soit fa do sol ré la mi et si pour l'ordre des dièses en notation française)

En notation harmonique, on place les dièses d'une gamme en début de portée et l'on appelle cet ensemble l'armure de la gamme.

Cette notation permet de simplifier l'écriture des notes, en omettant l'écriture des dièses qui figurent à la clef dans l'armure.

On peut reconnaître le nom d'une gamme majeure d'après son armure.

Pour cela, il suffit de remarquer que le dernier dièse de l'armure est le nom de la sensible de la gamme.

Par exemple, si l'armure est f# c# g#, la gamme est une gamme de La majeure.

Construction des gammes majeures, ordre des bémols

On peut aussi construire une gamme majeure en remarquant que le tétracorde (13 15 17 18) peut être considéré comme le second tétracorde de la gamme (6 8 10 11) (13 15 17 18)

La note 11 est une note étrangère à la gamme de Do majeure.

Elle peut être considérée comme la note 12 abaissée d'un demi-ton.

On parle alors d'une note bémolisée, qui est ici un si bémol.

Cette nouvelle gamme s'écrit, en notation anglo-saxonne :

(f g a bb) (c d e f) gamme de Fa majeure

En continuant cette construction à partir de la gamme de Fa majeur, on obtient successivement :

(bb c d eb) (f g a bb) gamme de Si bémol majeure

(eb f g ab) (bb c d eb) gamme de Mi bémol majeure

(ab bb c db) (eb f g ab) gamme de La bémol majeure

(db eb f gb) (ab bb c db) gamme de Ré bémol majeure

(gb ab bb cb) (db eb f gb) gamme de Sol bémol majeure

(cb db eb fb) (gb ab bb cb) gamme de Do bémol majeure

On remarque qu'il s'est introduit successivement la suite des notes bb eb ab db gb cb et fb (soit si mi la ré sol do et fa pour l'ordre des bémols)

Comme on l'a dit pour les gammes avec des dièses, on place les notes bémolées en tête de portée, dans une armure, qui permet de simplifier l'écriture des notes de la gamme et de reconnaître facilement de quelle gamme majeure il s'agit.

En effet, on remarque que l'avant dernier bémol correspond à la tonique de la gamme majeure.

Par exemple, si l'armure est Bb Eb Ab, la gamme est une gamme de Mi bémol majeure.

Musique tonale, modale, sérielle, dodécaphonique...

La musique sérielle consiste essentiellement à choisir un ensemble de notes, qui ont toutes la même importance.

Par exemple, la musique dodécaphonique choisit l'ensemble des 12 notes d'une gamme chromatique sans introduire la notion de degré.

On parle aussi de musique atonale.

Au contraire, la musique modale introduit la notion de degré et de modes d'une gamme.

Un mode est l'ensemble ordonné des notes de la gamme qui commence sur un de ses degrés.

La musique modale a été développée depuis les Grecs jusqu'au Moyen-Age.

Ceci explique que le nom des modes d'une gamme majeure sont d'origine grec (mode ionien, lydien...)

Par analogie avec la gamme de Do majeure, on parle plutôt du mode de do, du mode de ré...pour les modes situés sur le premier degré, le deuxième degré...d'une gamme majeure.

Comme pour le mode de Do (ou mode fondamental) les écarts entre les notes d'un mode le caractérisent.

Par exemple, le mode de Ré correspond aux écarts :

un ton un demi-ton un ton un ton un ton un demi-ton

Enfin, dans la musique classique qui s'est développée depuis la Renaissance, on appelle musique tonale la musique qui privilégie deux modes de la gamme majeure, le mode fondamental et le mode de La (appelé le mode de la gamme mineure naturelle situé sur le degré 6 d'une gamme majeure)

La musique baroque, romantique...utilise essentiellement ces deux modes (en leur adjoignant la gamme mineure harmonique et la gamme mineure mélodique)

On parle alors de tonalité, qui précise le ton et le mode d'un morceau.

Par exemple, on dira symphonie en La mineur, pour préciser que le ton est La et que le mode est mineur.

Une gamme est dite majeure quand sa tierce est majeure, et mineure quand sa tierce est mineure.

La gamme mineure harmonique

On hausse le degré 7 d'une gamme mineure, pour qu'il devienne une note sensible (c'est à dire une note située un demi-ton au-dessous de l'octave)

On obtient alors ce que l'on appelle une gamme mineure harmonique

Les écarts entre les note du second tétracorde d'une gamme harmonique sont donc :

(un demi ton trois demi-tons un demi-ton)

Par exemple, la gamme de La mineure harmonique s'écrira :

(a b c d) (e f g# a)

Le tétracorde (1 demi-ton trois demi-tons un demi-ton) est parfois appelé le tétracorde arabe, caractérisé par une tierce mineure encadrée par deux demi-tons.

La gamme mineure harmonique construite sur le degré VI d'une gamme majeure s'appelle la gamme relative mineure de la gamme majeure.

Par exemple, la tonalité de La mineure est la tonalité relative mineure de Do majeur.

L'armure d'une tonalité majeure et de sa tonalité relative mineure sont identiques.

Pour reconnaître si un morceau est écrit dans une tonalité majeure ou mineure à partir de son armature, il faut rechercher si il existe une note altérée qui correspondrait à la sensible de la gamme mineure, qui est aussi la quinte augmentée de la tonalité majeure.

Par exemple, si l'armure est f# c# et si l'on trouve dans la partition la note a#, on est vraisemblablement dans la tonalité de Si mineure, puisque la note la dièse est la sensible de Si mineure harmonique ou la quinte augmentée de la tonalité de Ré majeure.

La gamme mineure mélodique

Le tétracorde arabe étant assez difficile à chanter, il a été remplacé par le tétracorde d'une gamme majeure, ce qui donne pour la gamme de La mineure mélodique :

(a b c d) (e f# g# a)

Les intervalles et les accords

Un intervalle est un ensemble de deux notes caractérisé par le nombre de demi-tons qu'il contient.

Quand l'intervalle ne contient pas de demi-ton, on parle d'unisson.

Notations pour les intervalles

Pour chaque intervalle, on donne son nom, le symbole qui le caractérise et une notation chiffrée qui montre clairement le nombre de demi-tons qu'il contient.

seconde diminuée s [1 2] 1 demi-ton

seconde S [1 3] 2 demi-tons ou 1 ton

tierce mineure t [1 4] 3 demi-tons

tierce majeure T [1 5] 4 demitons ou 2 tons

quarte juste Q [1 6] 5 demi-tons

quinte diminuée (ou triton) vdim [1 7] 6 demi-tons ou 3 tons

quinte juste V [1 8] 7 demi-tons

sixte mineure x [1 9] 8 demi-tons ou 4 tons

sixte majeure X [1 10] 9 demi-tons

septième (mineure ou d'espèce) 7 [1 11] 10 demi-tons ou 5 tons

septième majeure 7M [1 12] 11 demi-tons

octave O [1 13] 12 demi-tons ou 6 tons

Les intervalles plus grand qu'une octave sont appelés neuvième mineure (ou diminuée) neuvième, dizième...

On remarque que les intervalles mineurs ou diminués sont représentés par des lettres minuscules, comme s t x (ou 7)

Les intervalles majeurs ou justes sont représentés par des lettres majuscules, comme S T Q V X O (ou 7M)

Représentation des accords comme superposition d'intervalles

On écrit les intervalles les uns à la suite des autres, en notation chiffrée ou en utilisant les symboles qui leur sont associés.

Exemple :

[1 5][5 8] ou Tt

[1 4][4 8][8 11] ou tTt

On peut aussi désigner un intervalle par le nombre de demi-tons qu'il contient.

Ainsi, la tierce majeure sera simplement désignée par le chiffre 4, la sixte mineure x par le chiffre 8...

Avec cette notation, un accord de septième diminuée ttt s'écrira simplement 333.

On peut aussi désigner les accords par des noms conventionnels comme accord mineur, majeur, de septième...

On peut aussi introduire des notations avec des basses chiffrées...mais tout ceci sera développé plus tard.

En musique atonale, on parle plutôt d'agrégat de notes et pas d'accords.

On notera un agrégat par le nom des notes qui le compose placées entre crochets.

Notations du rythme et des nuances

Les notations du rythme et des nuances sont séparés des notations des notes.

On utilise la première lettre des mots ronde, blanche, noire, croche, double-croche, triple-croche, quadruple-croche, pour désigner les durées.

Les lettres majuscules sont utilisées pour les notes accentuées.

On place un point ou un double point après la durée, comme dans l'écriture des notes pointées ou doublement pointées.

Les notes jouées simultanément sont placées entre crochets.

On place le caractère p devant un accord plaqué ou devant une note piquée et le caractère l entre deux notes liées.

Le symbole | peut être utilisé pour séparer les temps et || pour séparer les mesures.

Exemples :

p [n n] est un intervalle plaqué dont la durée est une noire.

C. d est une croche pointée accentuée suivie d'une double-croche.

retour dans latable des matières du cours de piano

Terminez et retourner dans la page index du site studyvox.free.fr